

Je pratique le yoga depuis 2010. D'abord l'ashtanga yoga, très physique, puis plusieurs années de hatha yoga avec des professeurs différents, avant de me former à l'enseignement.
Ma formation s'est faite à l'école Vicitra de Bruxelles, avec Marc Beuvain, sur plusieurs années. Il a étudié sept ans en Inde auprès de la famille Desikachar, dans la lignée directe de Tirumalai Krishnamacharya, le père de tous les yogas enseignés aujourd'hui. Ce qui m'a été transmis vient de là : les postures, la respiration, le pranayama, la méditation, l'adaptation du yoga aux personnes fragiles, et les textes eux-mêmes, en sanskrit, étudiés un par un.
Avant d'enseigner le yoga, je faisais tout autre chose. Cinq ans d'études médicales, puis dix ans de pratique à l'hôpital, en libéral et en hospitalisation à domicile. Je suis titulaire du diplôme d'État de sage-femme, que je n'exerce plus aujourd'hui.
Ce que ça change des autres professeurs de yoga : je connais le fonctionnement du corps, les muscles, les articulations, les pathologies, les douleurs et les prises en charge médicales.
Quand tu me parles de ton dos, de tes traitements ou de ton opération, je comprends ce que tu me dis, je l'ai parfois même vécu et je sais ce que je ne dois pas te faire faire en yoga.

J'ai vécu un épuisement professionnel, et tout ce qui vient avec : la remise en question, le doute, l'envie de faire autre chose, plus envie de soigner de la même manière, dans des structures hospitalières inadptées à notre besoin d'aider, avec un management agressif.
Comme je n'étais pas épanoui dans ces structures, pourquoi ne pas me former à faire autre chose ? Et comme par hasard une formation pour devenir enseignant en yoga s'ouvrait au moment même où je démissionnais.
Quelque part, je continue un peu de faire la même chose. Je m'intéresse toujours à la santé des gens, à leur parcours médical, à la façon dont ils peuvent retrouver du réconfort malgré des blessures, des accidents, des douleurs qui durent ou des maladies invalidantes ; au travers d'une pratique respectueuse de leur corps et de qui ils sont vraiment.
L'état de santé finit par définir qui l'on est et ce que l'on devient. J'aime participer à la prise en charge du corps et du mental des gens, pour qu'ils se sentent mieux malgré les bouleversements qu'ils traversent.
C'est l'essence même du yoga : canaliser les fluctuations du corps et de l'esprit, malgrès le temps qui passe.

On me demande souvent pourquoi je n'enseigne qu'en individuel. La réponse est simple : c'est là que le yoga fonctionne le mieux.
Dans un groupe, le professeur donne une consigne pour tout le monde et chacun s'y adapte comme il peut.
En individuel, c'est l'inverse. Je te regarde, j'écoute ton souffle, et je construis le cours autour de ce que ton corps accepte ce jour-là. Un bas du dos raide, un état de fatigue, une douleur récente : les cours s'ajustent en permanence à chaque fois que tu viens me voir et tiennent compte de ton état physique, respiratoire et mental.
Chaque posture a une raison. Elle assouplit, elle renforce, elle fait travailler une ou plusieurs articulations et muscles, et je te dis lesquels.
Tu ne fais pas des mouvements parce qu'on te les demande, mais tu comprends ce qu'on fait et pourquoi on le fait.
Si j'aime autant ce travail, c'est pour trois raisons :
• Voir quelqu'un revenir cours après cours et retrouver des gestes, un corps, une souplesse, une énergie qu'il avait abandonnée, c'est ce qui me fait ouvrir le studio le matin.
• Recevoir des gens qui n'osent pas entrer dans une salle, parce qu'ils ne sont pas souples, parce que leur corps a changé, ou parce qu'ils ont mal quelque part : c'est la partie du métier que je préfère.
• T'apprendre à composer avec ton corps plutôt qu'à forcer ou tirer dessus, c'est ce qui fait qu'on avance sans se blesser.
© 2020 Systeme.io